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Shaun White : « je suis un gars de la plage, pas un rider stéréotypé »

Shaun White : « je suis un gars de la plage, pas un rider stéréotypé »

Par Paul Miquel , le 03 mai 2017

Le snowboard est un sport relativement simple : un half-pipe, des dizaines de concurrents et, à la fin, c’est Shaun White qui gagne. Comme lors du dernier Burton US Open, à Vail, dans les Rocheuses, le lendemain de notre shooting. Un gars attachant, ce Shaun, qui fait la Une du nouveau numéro de Sport & Style.

Vail, Colorado. La suite d’un hôtel cossu. Le soleil qui tape sur la neige, là-bas, sur les pentes blanches. Et des lunettes noires sur le nez de Shaun. Doit-on encore présenter Shaun White ? Double champion olympique de snowboard (half-pipe) et propriétaire de près de vingt médailles aux X-Games, ce Californien de 30 ans à l’allure de jockey a longtemps incarné – à son corps défendant – l’image d’Épinal du rider un brin libertaire. Erreur sur toute la ligne. Shaun White est à 10 000 lieues de cette fausse vérité. Guitariste dans un groupe de rock (Bad Things), il s’intéresse autant à la santé du petit chien de sa fiancée, l’adorable Leroy, qu’à la décoration d’intérieur, l’apprentissage de l’espagnol ou les dernières collections de la marque Burton, son partenaire de jeu. On pouvait l’imaginer déjanté. C’est tout l’inverse. Celui qu’on appelait auparavant « Flying Tomato » à cause de sa tignasse enflammée rationnalise tout. Le snowboard est un business et Shaun White en est tout à la fois le grand trésorier, l’ambassadeur plénipotentiaire et l’inamovible star. Il n’en reste pas moins extrêmement lucide sur sa carrière. Et le sens de la vie, sa vie.

Sport & Style : comment créer son style ?
Shaun White : Un style ne se crée pas comme ça. Plusieurs facteurs sont à prendre en compte, notamment le lieu d’où l’on vient. L’origine géographique, l’endroit où l’on a grandi, est d’une importance essentielle. Elle influence, directement ou indirectement, la musique que l’on écoute, les vêtements que l’on porte, les gens que l’on rencontre, les sports que l’on pratique, les amis que l’on se fait. Dans mon cas, par exemple, c’est évident. Je suis snowboardeur professionnel, ma personnalité, je le sais, incarne la discipline mais, dans ma vie de tous les jours, mon style n’est pas celui d’un rider, il en est même très éloigné. Pourquoi ? Parce que j’ai grandi à la plage.

J’ai commencé à rider dans les montagnes de Californie du sud. Là-bas, il fait beau, chaud, on n’y fait pas du snowboard comme dans les Alpes ou le Colorado.

A San Siego...
Oui, à San Diego, en Californie du sud. Je suis un enfant de la plage, un beach boy. Et quand j’ai eu 20 ans, j’ai déménagé à Los Angeles où mes amis sont des acteurs, des artistes, des musiciens, des gens qui évoluent dans ces sphères. Et cela m’a naturellement énormément influencé. À tous les niveaux. La façon dont je m’habille quand je ride. La musique que j’écoute. Et puis, ces dernières années, je sens que j’ai changé : je suis plus devenu le gars que je suis réellement dans la vie de tous les jours que l’image du champion que je souhaitais véhiculer auparavant. Nous sommes dans des mondes, des sociétés où tout s’imbrique. Personnellement, j’aime le hip-hop dont l’univers a été façonné par celui du skateboard. Et vice versa. Pour répondre à votre question initiale, je crois que mon style a essentiellement été déterminé par deux éléments : la musique et mon environnement de vie.

Si vous aviez grandi dans l’Ohio ou le Nebraska, seriez-vous devenu l’immense champion que vous êtes aujourd’hui ?
Oui et non. Enfin, je ne sais pas... (il réfléchit) Plutôt non, en fait. J’ai commencé à rider dans les montagnes de Californie du sud, du côté de Big Bear, à deux heures de route de Los Angeles seulement. Là-bas, il fait beau, chaud, on n’y fait pas du snowboard comme dans les Alpes ou le Colorado. Et les gens ne s’habillent pas de la même façon non plus, d’autant que les pistes sont surpeuplées de citadins en quête de glisse. J’ai appris un certain nombre de tricks là-bas parce qu’il y faisait beau et chaud. Il y avait un super half-pipe et les riders qui s’entraînaient avec moi étaient différents. Tout l’inverse de ce qui se passe sur la Côte Est, où la neige est froide, verglacée, dure. C’est bête comme bonjour à expliquer mais c’est comme ça : la météo a influencé mon style. Comme les gens que j’ai pu rencontrer quand j’étais môme.

Concrètement, ça donne quoi sur un snowboard ?
Quand j’étais môme, je divisais le monde des snowboardeurs en deux catégories. D’abord ceux qui attaquaient, qui mettaient tout ce qu’ils avaient dans le ventre dans les tricks, la technique, l’approche physique. Ensuite, ceux qui misaient tout sur le style, la coolness, le flow presque à l’outrance. Et moi, j’ai toujours pris ici et là. Je peux adorer une figure technique incroyable d’un gars et le style casual d’un autre. Mon talent est, je crois, de pouvoir m’inspirer de tout et créer des greffes. Faire un grab à la façon d’untel mais avec l’aisance stylistique d’un autre. Et au final, cela crée un style.

Bref, tout le monde copie tout le monde...
C’est un peu plus compliqué que ça. Chaque snowboardeur possède sa propre façon de rider, presque naturelle, innée. C’est comme un style d’écriture. Chacun a une écriture différente qui peut néanmoins changer à la marge de temps en temps en fonction de certaines choses. C’est pareil dans le snowboard. S’inspirer n’est pas copier.

Certains riders expliquent que nous sommes arrives a un tel degré de technicité qu’il est presque devenu impossible d’inventer de nouvelles choses. Peut-on encore créer de nouveaux tricks ?
Bien sûr, mais cela prend désormais plus de temps, cela demande plus d’engagement. En résumé, c’est plus dur.

 

Découvrez l'intégralité de l'interview de Shaun White dans le nouveau numéro de Sport & Style en kiosque le samedi 6 mai avec L'Équipe.

 

 

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