Interviews Alice Arutkin
Par Bérénice Marmonier, le 29 avril 2013

Alice Arutkin « J’admire Jenna de Rosnay »

La véliplanchiste Alice Arutkin, 21 ans, commence à se faire un nom dans le milieu du windsurf. Sept fois championne de France, championne du monde de IFCA Slalom senior en 2010, rookie of the year (meilleure débutante) en 2008… La jeune lilloise veut suivre les traces de la belle et ancienne grande championne Jenna de Rosnay.

Comment une jeune fille du Nord s’est-elle entichée de planche à voile ?
Alice Arutkin : C’est mon papa, passionné de planche à voile, qui m’y a initiée à Wissant (dans le Pas-de-Calais – ndlr) à l’âge de 10 ans. J’allais surfer tous les soirs après les cours ainsi que les week-ends. Il m’a dit que j’étais douée pour mon âge, alors j’ai commencé les compétitions à 13 ans. J’ai vite pris goût à la gagne. À 15 ans, j’ai été championne de France en vagues et en slalom, et à 16 ans j’ai fini quatrième de la Coupe du monde.

Vivez-vous toujours à Wissant, là où vous avez commencé ?
Oui, j’habite et je m’entraîne toujours à Wissant. Quand j’ai une compétition à Hawaï par exemple, je m’y rends une semaine avant pour m’habituer à la vague du lieu.

Qu’aimez-vous dans la planche à voile ?
J’adore être dehors et surfer. J’ai fait de la planche car Wissant est un spot de windsurf. On retrouve des conditions parfaites pour ce sport, il y a tout le temps du vent et des vagues. Si j’avais habité sur la côte basque, j’aurais sûrement fait du surf.

Les 4 et 5 mai, vous animerez des cours de windsurf pour des jeunes filles à Sangatte. Que voulez-vous leur transmettre ?
C’est un training camp que l’on a créé avec Redbull. J’aurai vingt jeunes filles de 14 à 17 ans qui savent déjà naviguer mais qui hésitent à se lancer dans la compétition. Je vais essayer de les faire progresser en s’amusant sur l’eau, et aussi de leur transmettre mon expérience. Je veux les motiver pour qu’elles se lancent vraiment dans le windsurf. Quand j’ai commencé il y a six ans, j’étais la plus jeune. Aujourd’hui, je suis encore la benjamine. C’est inquiétant de voir qu’il n’y a pas de relève.

Quel est le spot de surf que vous préférez ?
À la maison, à Wissant. À l’étranger, je dirais l’Afrique du Sud. Les paysages sont magnifiques et les conditions pour surfer sont parfaites. Beaucoup de monde s’y entraîne.

Il y a une bonne ambiance en équipe de France ?
Oui, c’est un sport peu médiatisé, donc il n’y a pas vraiment de concurrence. Et puis il n’y a pas d’argent, alors seuls les passionnés pratiquent le windsurf. Mes sponsors me donnent les moyens de faire les compétitions, le seul argent que je gagne, c’est grâce à mes victoires et mes titres. Les filles qui se rendent à la Coupe du monde ne font pas que de la planche à voile. Soit elles travaillent à côté, soit elles étudient.

Et vous alors ?
Moi j’ai décidé que je ne ferai que de la planche à voile (rires) ! Je n’ai pas encore trouvé ce que je voudrais faire comme études après mon Bac ES. Je suis attirée par la télé, mais ce n’est pas forcément facile d’y entrer…

J’ai lu que votre modèle français était Nathalie Simon (championne de France de windsurf en 1986, aujourd’hui journaliste à France Télévisions – ndlr) ?
Oui, elle a bien réussi. J’aimerais avoir son parcours. Elle a fait ce qu’il faut en reconversion, elle a été maligne en prenant de bons contacts. J’admire ce qu’elle a fait. Mais dans le jeu, j’adore Jenna De Rosnay. Elle était magnifique et c’était une grande championne. C’est un modèle pour moi, elle a tout réussi. Et chez les hommes, Robby Naish bien sûr. C’est un mythe pour tous les windsurfeurs.

En 2011, vous terminez 4e du World Tour PWA. Qu’est-ce que ça fait d’approcher les meilleures à seulement 19 ans ?
Lors de ma première Coupe du monde à 16 ans, j’avais déjà fini 4e, mais il y avait moins de participantes qu’aujourd’hui. Avant, on était dix et maintenant une vingtaine. Les deux meilleures windsurfeuses au monde ont quarante ans, elles ont une expérience incroyable. Alors quand tu commences à les titiller, c’est super !

Il paraît que vous êtes une inconditionnelle de la mode ?
Ah, j’adore ! Les fringues, les sacs… Je lis tout le temps des magazines, je surfe sur des sites internet parlant de mode.

Quelles sont vos pièces préférées dans votre dressing ? 
Mon sac Céline, ma paire de Louboutin, mon sac de voyage Louis Vuitton.

Où aimez-vous vous ressourcer ?
À Wissant. Les personnes qui habitent à un endroit fixe partent en vacances pour se ressourcer. Moi c’est le contraire, je voyage très souvent pour mon sport, alors c’est quand je retourne chez moi que je suis apaisée !

Quels sont vos projets ?
J’aime tout ce qui touche à la mode, le sport, la télévision. Je suis aussi intéressée par le mannequinat, toujours dans le milieu du sport.

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