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Matt Damon
© Niger Parry/CPI Syndication/Agence A

Matt Damon « Le rugby me scotche »

Par Frank Rousseau, le 26 septembre 2013

À 42 ans, dans le top 10 des stars les plus convoitées à Hollywood, Matt Damon, l’ex-étudiant d’Harvard, affiche toujours un esprit sain dans un corps sain. Rencontre sportive en exclusivité pour Sport & Style.

Trois mots pour nous dire ce que le sport représente pour vous...

Enivrant. Stimulant. Indispensable.

 

Le ou les sports que vous pratiquez régulièrement?

Je cours dès que j’en ai l’occasion. En moyenne, 10 kilomètres par jour. J’ai sensiblement diminué la cadence, à l’université c’était 25 kilomètres !

 

Votre plus grosse honte sportive ?

Môme, j’ai distribué dans la rue des tracts publicitaires pour une marque de baskets. Je me revois planté devant une vitrine de sous-vêtements féminins et croiser mes voisins en leur tendant un prospectus. La honte !

 

Votre plus grosse frayeur sportive ?

Le Marathon de Boston. Une ville que je connais bien parce que j’y ai grandi. J’étais dans ma cuisine lorsque j’ai entendu que cet événement sportif avait été endeuillé par une attaque terroriste.

 

Une ambition sportive?

J’aurais aimé être champion d’escrime. Quand j’étais gosse, je me prenais pour Luke Skywalker. J’empoignais les lampes à pied du séjour et je les faisais tournoyer comme des épées laser.

 

Un sport qui vous a toujours scotché?

Le rugby. J’aime ce sport parce qu’il est joué par des puristes et des mecs ayant l’esprit sportif. Dans le football américain que j’ai longtemps pratiqué, on apprend aux joueurs à donner le meilleur d’eux-mêmes sur quelques secondes, notamment sur les accélérations. Dans le rugby, la pression est constante, très soutenue et il n’y a qu’une mi-temps. L’autre différence, ce sont les protections. Dans le football américain, les joueurs sont carapacés alors que dans le rugby, ils se font tacler à nu. Et le plus dingue, c’est qu’ils se relèvent !

 

Un sport que vous n’avez jamais eu le courage de pratiquer ?

L’alpinisme. J’ai le vertige.

 

La dernière fois que vous n’avez plus senti vos muscles ?

Pour les besoins de Green Zone, j’ai dû suivre un boot camp avec des militaires. Ils m’ont appris le close combat et à encaisser les coups. Pour l’anecdote, comme j’avais incarné le très fortiche Jason Bourne, les GI’S. Que j’avais en face de moi n’avaient qu’un objectif : botter le cul du mec qui jouait Bourne. Je passais toutes mes soirées à compter mes bleus !

 

À l’école, vous étiez plus à l’aise sur un stade ou devant le tableau noir ?

Parfois, je me dis que j’aurais pu exercer un métier qui correspondait peut-être davantage à mes attentes. Comme joueur de baseball pro par exemple, dans une équipe de renommée internationale. J’étais très bon dans ce sport.

 

Pour moi, le champion de tous les champions est le rugbyman François Pienaar, ancien capitaine des Springboks. Il a réussi à fédérer toute une nation derrière le drapeau arc-en-ciel.

 

Votre premier trophée ou médaille sportive ?

Une médaille de basket dorée, décrochée quand j’avais six ans. Elle avait beau être en plastique, j’ai longtemps cru que c’était de l’or véritable.

 

À quoi ressemble l’interieur du frigo du sportif que vous êtes ?

Beaucoup de produits japonais – makis, algues, tofu – mais également des fruits, des légumes, des laitages. Je ne mange plus de burgers. Ça me rappelle trop la période pendant laquelle je galérais. Pour faire des économies, je ne m’alimentais que dans les fast-foods.

 

Jusqu’où seriez-vous prêt à aller pour gagner à tout prix ?

Ce qui est important, ce n’est pas de gagner, mais de savoir comment vous avez gagné !

 

Si l’on vous dit « dopage », vous répondez spontanément...

Le dopage, c’est se mentir à soi-même avant de mentir aux autres. C’est trahir les gens qui vous admirent, notamment des gosses qui vous citent en exemple et rêvent de devenir un champion comme vous.

 

Qui est le champion de tous les champions à vos yeux ?

Le rugbyman François Pienaar, ancien capitaine des Springboks que j’ai incarné dans Invictus de Clint Eastwood. Lorsque Nelson Mandela lui a demandé de l’aider à lutter contre l’Apartheid, ce sportif blanc de haut niveau a dû braver sa famille (son père était un ségrégationniste notoire - ndlr), pousser sa propre équipe à jouer des matchs d’exhibition dans Soweto et convaincre toute la population noire que Mandela était le seul espoir pour plaquer à terre l’Apartheid. Bref, Pienaar avait tout à perdre. Et pourtant, il a gagné la Coupe du monde et – plus important encore – a réussi à fédérer toute une nation derrière le drapeau arc-en-ciel.

 

Votre premier poster d’un champion collé dans votre chambre...

Je n’avais pas de posters de sportifs. En revanche, je collectionnais les cartes des Boston Red Sox (équipe de baseball - ndlr). Un vrai accro.

 

Quel est le sport le plus sexy du monde selon vous ?

La natation synchronisée. Voir ces nageuses aux longues jambes faire corps avec l’élément liquide, je trouve ça à la fois charmant et impressionnant. On sent qu’il y a des années d’entraînement avant d’en arriver là.

 

Les sports que vous suivez le plus à la télé ?

Les compétitions de basket et de baseball. Mais je préfère être sur le terrain.

 

Votre plus belle émotion sportive ?

Je suis tombé récemment sur un documentaire retraçant la relation complexe qui unissait Björn Borg et John McEnroe. Ces deux tennismen d’exception ont été rivaux sur les courts. Des ennemis acharnés. Aujourd’hui, ce sont les meilleurs amis du monde. Entendre McEnroe dire de Borg qu’il l’aime, c’est un grand moment !

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