Mode Les Bleus habillés par Smalto
© Agnès Dherbeys Par Paul Miquel, le 22 septembre 2013

Les Bleus habillés par Smalto

Habilleur officiel de l’équipe de France, Smalto participe à sa façon à la campagne de reconquête des Bleus. Son arme ? Le costume. Son but ? Injecter une petite dose d’élégance dans l’univers impitoyable du foot…

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Il pleut des seaux d’eau ce matin-là sur Clairefontaine. A quelques heures d’un match crucial de qualification pour la Coupe du monde au Brésil, les joueurs de l’équipe de France déboulent les uns après les autres dans la salle de billard du centre national d’entraînement, transformée pour l’occasion en salon d’essayage. Depuis l’aube, les tailleurs de la maison Smalto sont au garde-à-vous, un brin tendus, prêts à dégainer leur mètre ruban et leur expérience de la grande mesure. Quelques minutes avant l’arrivée des Bleus, prévue à 11 heures, la directrice artistique de la griffe française, Young Chong Bak, s’approprie les lieux. Un regard ici, un œillade par là, cette jeune Suisse-Allemande d’origine coréenne cache derrière une silhouette menue une volonté de fer. Juchée sur des talons aiguilles vertigineux, elle plaisante avec les tailleurs, mais ne laisse rien au hasard. L’heure des dernières prises de mesures a sonné pour les Bleus. Didier Deschamps, en survêtement, passe une tête pour s’assurer que tout est prêt. C’est le cas.

Entre la décontraction de la tenue de footballeur et le côté très formel d’un costume trois pièces, il existe une zone dans laquelle je me sens bien.

Mickaël Landreau arrive le premier. Le cheveu argenté, l’œil curieux, le gardien de but se laisse guider. Young Chong Bak lui réajuste le col de sa veste. Il fait alors ressortir la chemise de son pantalon. Le directeur des collections de Smalto, l’Italien Pippo Chiarelli, intervient : « Stop, on ne fait plus blouser les chemises depuis longtemps ! » Eclats de rire. En cinq minutes, Landreau a changé de look. Impressionnante métamorphose. « Entre la décontraction de la tenue de footballeur et le côté très formel d’un costume trois pièces, il existe une zone dans laquelle je me sens bien », note le gardien de but de Bastia. « J’adore porter un jeans avec une veste habillée. Je trouve ça très contemporain. Quand je choisis un costume, je suis attentif au cintrage de la coupe et, surtout, à la forme et à la disposition des épaules. Il faut que l’ensemble soit à la fois souple et architecturé, confortable et un peu strict. » Au compte-gouttes, arrivent ensuite Gaël Clichy, puis Paul Varane, Steve Mandanda, Bafe Gomis, Blaise Matuidi, Olivier Giroud et tout le reste de la clique. Chacun se plie aux recommandations des tailleurs. En silence. Ou presque. Avec cette forme de respect qu’impose le port du costume.

Dans leur paquetage (6000 euros), les hommes de Didier Deschamps ont aussi une cravate en soie tricotée, plusieurs jeux de chemises (blanches et bleues) et des boutons de manchettes. Par ailleurs, pendant quatre ans, Smalto – qui habille également les rugbymen du Racing Club de Toulon – fournira au moins deux collections et une tenue plus décontractée en cas de qualification au Mondial brésilien. Les joueurs ont – semble-t-il – bien compris que la stratégie de restauration de leur image nécessitait une transformation radicale de leurs comportements, notamment vestimentaires. D’où le côté un peu formel, voire solennel, de ces costumes d’apparat. Au fur et à mesure des essayages, les joueurs se livrent, se chambrent. Se souviennent de leur premier costume, pour un mariage ou un baptême. L’uniforme sur les épaules, ils cessent de parler, comme intimidés par cet impératif d’élégance. « Je me souviens très bien de mon premier costume », confie alors Franck Ribéry. « Je l’avais acheté pour mes fiançailles, il y a une dizaine d’années. Il était assez simple. Je n’avais pas trop d’argent, je l’avais acheté avec les moyens du bord dans une petite boutique de Boulogne-sur-Mer. C’était un peu la dèche à l’époque… J’aime beaucoup le costume Smalto de l’équipe de France, j’aurais même pu me l’acheter. Je m’y suis senti à l’aise tout de suite. Un costard trois pièces avec un nœud papillon, ça ne se porte pas tous les jours mais, sérieux, ça fait classe. » CQFD.

 

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