People Tom Pagès
© Cédric Viollet Par Alice Morabito, le 12 septembre 2013

Tom Pagès Le roi du motocross freestyle

À 28 ans, Tom Pagès n’a pas seulement les traits d’un ange, il en a les altitudes. Sacré champion 2013 des Red Bull X-Fighters en juillet, cet orfèvre de la haute voltige incarne à la perfection ce qui fait tout l’attrait du motocross freestyle : l’esprit, l’énergie. Et le style.

Madrid, une consécration pour Tom Pagès. Il ne réalise pas encore. Seule sa nouvelle coupe, celle sur laquelle est gravée la fameuse mention « N°1 », mais aussi son autre nouvelle coupe – de cheveux celle-là – concrétisent l’exploit. Il vient de décrocher le titre suprême. Dans le paddock des freestylers, quelques minutes après son sacre madrilène, Danny Torres, deuxième du classement des Red Bull X-Fighters World Tour 2013, l’a félicité tondeuse en main. Tom Pagès et son team manager, Sébastien Billault, avec qui il travaille depuis six ans, y ont laissé leurs scalps. Le freestyle motocross, appelé aussi FMX ? Un « action sport », version ultramoderne du motocross à l’ancienne où chacun développe un style propre et des figures libres.

Le but ? Aller toujours plus haut, avec panache et un sens mesuré du risque. Un sport 2.0 qui électrise les foules. Systématiquement, les arènes – comme celle de Bercy pour le Supercross qui aura lieu du 9 au 11 novembre à Paris et auquel Tom Pagès participera – affichent très vite complet. Le décor ? Une butte (la réception, de 4 à 5 mètres de haut) entourée de six rampes (appelées take off ou eject), dont certaines sont des murs. Les freestylers s’envolent à quelques 15 mètres du sol et « plaquent » leurs tricks (figures) à grande vitesse ! Car les runs (les sessions en français) ne durent que 1’30’’. Ici, le mot spectacle prend littéralement tout son sens, bien loin des shows cultivant parfois un certain mauvais goût. La moyenne d’âge du public ? De 5 à 65 ans, avec une majorité de jeunes entre 20 et 30 ans et autant de filles que de garçons. Le FMX est plus que populaire et les freestylers ont leurs fans, Tom Pagès en tête. La relation qu’il entretient avec le public le galvanise.

On peut décrypter la personnalité des gens sur une moto, voir immédiatement s’ils sont généreux, enthousiastes ou égoïstes.

Ce qui le définit ? « Son agilité » répond Sébastien Billault, son manager. « Son talent inné ou sa capacité de travail », complète Charles, son frère aîné – quatre ans de plus – avec qui il partage cette passion depuis toujours. Charles a lui aussi le FMX chevillé au corps. C’est d’ailleurs ce dernier qui a drainé Tom dans son sillage. Et de préciser : « En réalité, il est les deux, à la fois talentueux et travailleur, avec une pointe de facilité et de toucher ». Ses parents, Olivier et Geneviève, affinent le portrait. « C’est quelqu’un de doué, il a des facilités, mais il est aussi très travailleur. Dans les études, c’était pareil. » Sa mère préfèrerait qu’il se mette à la pétanque ou aux échecs. À le voir s’envoler sur sa Yamaha, une YZ 250 de l’espace, on la comprend. Tom est avant tout un gars calme selon son frère. Quelqu’un de « réservé, voire introverti », confient ses parents. « Tom travaille beaucoup avec sa tête », complètent-ils. Un impératif dans ce type de sport où les têtes brûlées se consument en un instant. Cérébral en diable, Tom Pagès observe beaucoup, intellectualise et innove, c’est d’ailleurs là son principal moteur.

Retrouvez l'intégralité du portrait de Tom Pagès dans le magazine Sport & Style de septembre, en kiosque samedi 14 septembre avec L'Equipe.